<- Retour
5 minutes pour tout comprendre à la finance climat.

Recevez l'essentiel de l'actu chaque semaine.

S'inscrire à la newsletter
Sommaire
No items found.

La simplification « omnibus » du CSRD et de la taxonomie : un revers pour la lutte contre le changement climatique ?

Marché Carbone

Face à la simplification "omnibus" des réglementations RSE (CSRD, CS3D, taxonomie verte) promue par l'UE, cet article alerte sur le risque d'un recul dans la lutte pour une économie durable et la neutralité carbone. Il souligne l'importance de maintenir des normes ambitieuses pour la transparence des entreprises et la lutte contre le greenwashing, afin d'orienter les investissements vers des projets réellement durables et de garantir la compétitivité à long terme de l'Europe. L'article insiste sur le rôle de l'Europe comme modèle mondial en matière de finance verte et d'investissement responsable.

Return to Blog
Sommaire
Book a call

Suite à la publication du rapport Draghi et la définition d’une “Boussole de Compétitivité” par la Commission européenne, une démarche de simplification est lancée. Elle repose sur deux règlement “omnibus”, c'est-à-dire des textes qui visent à simplifier, harmoniser, ou adapter plusieurs réglementations existantes. Parmi celles-ci sont notamment ciblées les politiques RSE des entreprises, et plus précisément la CSRD, CS3D, et la taxonomie verte.  Dès lors, tandis que la crise climatique devient chaque jour plus pressante, cette  peut-elle entrainer un recul dans la lutte pour une économie durable ? 

CSRD et Taxonomie : des instruments vitaux pour l’avenir de l’Europe

La CSRD : imposer la transparence pour un avenir plus vert

La CSRD n’est pas simplement une directive supplémentaire qui alourdit les coûts des entreprises : elle figure comme l’instrument clé pour assurer qu’un maximum d’entreprises de l'UE rendent des comptes sur leurs activités en matière de durabilité. En effet, elle introduit la notion de double matérialité. La double matérialité est simplement l’analyse de l’effet qu’une entreprise a sur son environnement, et l’effet inverse que l’environnement a sur une entreprise. Dans cette vision symbiotique, une entreprise peut à la fois être à l’origine d’une modification de son environnement, mais aussi en subir les effets. 

Véritable réponse à l’aveuglement des marchés financiers sur la dimension environnementale, elle oblige les entreprises à publier des informations détaillées sur leurs impacts sociaux, environnementaux et de gouvernance - ESG -. Elle oblige également ces entreprises à détailler leurs liens de dépendance aux conditions sociales et environnementales existantes. Cette transparence se montre indispensable pour orienter les capitaux vers des projets réellement durables, et éviter le greenwashing.

Mais la CSRD est bien plus que cela. Elle représente un signal fort envoyé aux investisseurs, aux gouvernements et aux citoyens : l’Europe s’engage à intégrer pleinement la durabilité dans son modèle économique. L’Accord de Paris de 2015, les objectifs de l'ONU pour 2030, le Green Deal européen… Tout cela repose sur des initiatives comme la CSRD pour garantir que nous ne passons pas à côté de notre responsabilité. Sans une régulation forte, l’Europe pourrait bien perdre son leadership en matière de transition écologique et passer à côté de son avenir : la neutralité carbone pour 2050.

Ce n’est pas une position dogmatique : c’est la prise en compte de cet impératif écologique qui est la condition d’une souveraineté retrouvée, d’une économie compétitive, d’investissements, et d’innovations. C’est l’opportunité de construire les fleurons industriels, scientifiques, et économiques de demain. 

[[cta-discover]]

La Taxonomie : un cadre pour éviter le greenwashing

La taxonomie européenne est tout aussi cruciale. C’est le guide de référence de ce qui est considéré comme durable et ce qui ne l’est pas. Bien que ce soit une réalité normative plus que physique, la taxonomie européenne permet d’évoluer dans un cadre stable, défini et partagé. 

Son objectif ?  Aider les investisseurs à identifier les activités qui contribuent réellement à la transition écologique et à lutter ainsi contre le greenwashing.

Initialement centrée sur les énergies renouvelables et les technologies bas carbone, la taxonomie a suscité des débats, notamment sur l’inclusion du gaz naturel, qui a finalement été considéré comme une énergie de transition sous certaines conditions. Cela illustre sa dimension politique, là où on s'attendait à une objectivité scientifique. 

[[cta-guide2]]

La simplification « Omnibus » : sous le masque du pragmatisme, une régression dangereuse ?

Une législation allégée, une pression environnementale relâchée

Le concept de simplification omnibus est un ensemble de mesures visant à alléger la réglementation, réduire les coûts administratifs et rendre les règles plus accessibles. Sur le papier, cela semble efficace, pertinent, intelligent et pondéré. L’objectif est d’éviter de faire peser des contraintes excessives par rapport aux enjeux. Une très petite entreprise (deux tiers des entreprises françaises) n’a pas le même impact qu’un grand groupe, et ne devrait pas avoir les mêmes contraintes. 

Cependant, en y regardant de plus près, la donne est toute autre. Car dans le contexte actuel, cette approche présente un risque de lourdes dérives. Pourquoi ? Parce que cette simplification intervient à un moment critique, alors que l’Europe s’efforce d’accélérer sa transition énergétique et écologique. Elle intervient également dans un moment où la tentation de dénaturer le cadre normatif de la transition énergétique est forte.  Réduire les exigences, c’est accepter de reculer sur un terrain où chaque pas compte pour l’atteinte de la nécessaire neutralité carbone.

Certaines entreprises contournent sinon minimisent leur impact grâce à des stratégies de communication placées sous le sceau du greenwashing. Les règles actuelles – bien qu’imparfaites – ont au moins le mérite d’obliger ces acteurs à se rendre compte de leurs responsabilités, et à rendre compte. 

De fait, réduire le champ d’application de la CSRD et de la Taxonomie, comme le propose la Commission, pourrait revenir à permettre à une large part du secteur privé de se soustraire à cette responsabilité. 

Quelle vision pour la compétitivité européenne ?

La compétitivité économique de l’UE s’avère un enjeu essentiel, mais sa définition mérite d’être précisée. S’agit-il d’un marché européen guidé par les seules dynamiques des grandes entreprises, ou d’une économie qui mise sur l’innovation, la durabilité et le bien-être de ses citoyens ?

L’idée qu’un assouplissement des réglementations pourrait attirer davantage d’entreprises et favoriser la croissance est souvent avancée. Cependant, cette approche ne prend pas pleinement en compte les défis climatiques ni la capacité d’innovation des entreprises européennes. 

[[cta-impact]]

Un débat essentiel autour de la CSRD

Le débat autour de la CSRD suscite des points de vue divergents, certains plaident pour sa révision voire sa suppression. Cette position reflète une volonté d’alléger les contraintes pour les entreprises, mais interroge sur l’équilibre à trouver entre compétitivité économique et engagements climatiques. Dans le contexte actuel de nécessaire engagement en faveur de notre transition écologique, la mise en place de normes ambitieuses pourrait renforcer l’attractivité du tissu économique européen.

Une régulation européenne qui doit être le modèle pour le monde entier

L’Union européenne peut se targuer à juste titre de compter parmi les leaders en matière de régulation. Son approche, quoique parfois lente, et toujours imparfaite, est celle de la responsabilité collective, de la rigueur et de l’ambition. 

La CSRD et la taxonomie ont non seulement un impact sur les entreprises européennes, mais elles influencent déjà les régulations mondiales. L’Europe, en mettant en place ces cadres, montre la voie à suivre pour les autres pays. 

Prenons l’exemple du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (EU ETS). Ce système n’a cessé d’évoluer depuis sa création en 2005, s’adaptant aux réalités économiques et environnementales sans jamais perdre de vue ses objectifs de réduction des émissions. Il est aujourd’hui l’un des mécanismes les plus efficaces de lutte contre le changement climatique. Cela démontre que des régulations ambitieuses, même si elles sont progressivement affinées, sont non seulement nécessaires mais possibles.

La simplification « Omnibus » de la CSRD et de la taxonomie européenne n’est pas simplement une question technique, c’est un choix décisif. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en péril notre avenir pour des considérations économiques à court terme. En tant qu’investisseurs, il est de notre responsabilité de défendre une régulation forte et ambitieuse. L’Europe doit rester un modèle de durabilité et de transparence. C’est ainsi que nous pourrons garantir non seulement la compétitivité de l’UE, sa souveraineté, la permanence des investissements en innovation mais également la protection de notre environnement. L’ambition européenne ne doit pas se réduire face aux intérêts économiques immédiats. Elle doit se renforcer, s’affirmer, et montrer la voie vers un avenir durable pour tous.

Mise à jour – octobre 2025


Le Parlement européen a rejeté le 22 octobre 2025 par 318 voix contre 309 le mandat de la commission des affaires juridiques (JURI) ouvrant la voie à l’adoption sans débat du paquet « omnibus » destiné à alléger notamment la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) et la Corporate Sustainability Due Diligence Directive (CSDDD).
Cette décision marque une étape importante : elle met en pause le projet de simplification tel que présenté et ouvre la voie à un débat en plénière, avec la possibilité d’amendements.
Pour les investisseurs comme pour les entreprises couvertes par ces textes, cela signifie que l’horizon réglementaire reste incertain : les obligations de reporting et de devoir de vigilance ne sont pas encore réduites, et le calendrier initial pourrait être revu.Chez Homaio, nous continuons de surveiller de près ces évolutions : notre modèle, centré sur l’investissement dans les quotas d’émission via les marchés réglementés (ETS), est directement sensible à la solidité et à la clarté du cadre européen de transparence et de reporting — ce rejet étant un signal que l’Union européenne souhaite maintenir un niveau d’exigence conséquent.

Vous aimez cet article ?

Diffusez cette information auprès de votre réseau et recommandez Homaio aux investisseurs à impact !

The Homing Bird

Une newsletter pour comprendre les grands enjeux de la finance climat.

S'inscrire à la newsletter

NEWSLETTER

5 minutes pour tout comprendre à la finance climat.

Recevez l'essentiel de l'actu chaque semaine.

Réserver un appel gratuit

Besoin d’aide ou de plus d’informations ? Prenez rendez-vous avec un membre de notre équipe, il sera ravi de vous accompagner.

Faites de votre capital un levier pour le climat.
Explorer la plateforme
L'alliance de la performance et de l'impact.
Investissez avec Homaio pour concilier vos objectifs financiers et environnementaux.
Découvrir
Optimisez votre diversification.
Intégrez les actifs climat à votre patrimoine.
Diversifier mon portefeuille

Guide ultime des marchés du carbone

Explorez les marchés du carbone, un carrefour entre économie, finance et sciences de l'environnement.Obtenez votre guide ultime dès maintenant.

Thank You !
Find our guide with the following link 👉
Download whitepaper
Oops! Something went wrong while submitting the form.
White Paper homaio
Le Guide Pour Investir Dans La Décarbonation

Un guide accessible pour tout comprendre sur les quotas d’émission : l’actif incontournable pour investir dans le climat, sans sacrifier votre performance financière !

Simulez vos rendements potentiels en 2 clics
Découvrir le simulateur
Homaio Simulator
Réserver un appel gratuit

Besoin d’aide ou de plus d’informations ? Prenez rendez-vous avec un membre de notre équipe, il sera ravi de vous accompagner.

Approfondir

Quels sont les systèmes d’échange de quotas carbone dans l’UE et dans le monde ?
February 3, 2026

Quels sont les systèmes d’échange de quotas carbone dans l’UE et dans le monde ?

L'article explore les systèmes d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre (SEQE), notamment le SEQE-UE et le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), soulignant leur efficacité dans la réduction des émissions et encourageant l'adoption mondiale de marchés du carbone, notamment via la taxe carbone et les quotas carbone. Ces systèmes, incluant des marchés comme le marché carbone européen et des initiatives comme le label ISR, visent à inciter financièrement les entreprises à adopter des pratiques plus durables et à investir dans le développement durable, impactant l'investissement responsable et les obligations vertes. De plus en plus de pays, y compris la Turquie et l'Indonésie, mettent en place des systèmes d'échange de quotas, reflétant un engagement croissant envers la neutralité carbone.

Marché Carbone

Les émissions du secteur de l’aviation : qu’est-ce qui est assujetti au marché carbone ?
February 3, 2026

Les émissions du secteur de l’aviation : qu’est-ce qui est assujetti au marché carbone ?

L'aviation est soumise au SEQE-UE depuis 2012, avec une extension possible en 2023 à tous les vols au départ de l'EEE et une suppression progressive des quotas gratuits. En 2023, le système a couvert 22% des émissions des vols européens, soit 164,5 mégatonnes de CO₂, et les compagnies aériennes ont dépensé 3 milliards d’euros en quotas carbone, malgré une augmentation des émissions du secteur due à la reprise post-pandémie. D'ici 2024, toutes les compagnies aériennes opérant en Europe devront se conformer au SEQE-UE pour les vols intra-européens et ceux en direction ou en provenance de la Suisse.

Carbon Market

De petits investissements rentables : conseils et stratégies gagnants
February 3, 2026

De petits investissements rentables : conseils et stratégies gagnants

Pas besoin de milliers d’euros pour commencer à investir. Avec 50 ou 100 € par mois, vous pouvez déjà construire un patrimoine pas à pas. Cet article vous montre comment : en combinant ETF, immobilier "papier", et actifs à impact comme les quotas carbone. Il vous donne les bases pour bien démarrer : distinguer épargne et investissement, investir régulièrement, choisir les bons supports (PEA, assurance-vie). Que vous soyez débutant ou que votre budget soit limité, ce guide vous aide à passer à l’action pour bâtir un patrimoine durable, accessible — et porteur de sens.

Diversification de Patrimoine

Approfondir.

Quels sont les systèmes d’échange de quotas carbone dans l’UE et dans le monde ?

Quels sont les systèmes d’échange de quotas carbone dans l’UE et dans le monde ?

L'article explore les systèmes d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre (SEQE), notamment le SEQE-UE et le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), soulignant leur efficacité dans la réduction des émissions et encourageant l'adoption mondiale de marchés du carbone, notamment via la taxe carbone et les quotas carbone. Ces systèmes, incluant des marchés comme le marché carbone européen et des initiatives comme le label ISR, visent à inciter financièrement les entreprises à adopter des pratiques plus durables et à investir dans le développement durable, impactant l'investissement responsable et les obligations vertes. De plus en plus de pays, y compris la Turquie et l'Indonésie, mettent en place des systèmes d'échange de quotas, reflétant un engagement croissant envers la neutralité carbone.

Qu'est-ce que la fuite de carbone dans le système européen d'échange de quotas d'émission ?

Qu'est-ce que la fuite de carbone dans le système européen d'échange de quotas d'émission ?

Les fuites de carbone, où les industries se délocalisent pour éviter des réglementations environnementales strictes, sont combattues par l'UE avec le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MBAM) qui impose une tarification carbone équivalente sur les importations. Ce mécanisme vise à réduire la concurrence déloyale et à encourager l'alignement des politiques climatiques mondiales, avec une réduction estimée des fuites de carbone de 19%. Le MBAM incite à l'investissement responsable et éco-responsable en taxant les produits à forte intensité carbone, promouvant ainsi la finance verte et les placements éthiques.

Qu'est-ce que la courbe du coût marginal de réduction de CO2?

Qu'est-ce que la courbe du coût marginal de réduction de CO2?

Le coût de réduction mesure la dépense pour diminuer les émissions de CO2, permettant d'évaluer la rentabilité des stratégies écologiques. Le MACC priorise les actions climatiques en comparant les coûts des options de réduction des émissions et aide à fixer des objectifs de prix du carbone pour encourager l'investissement responsable dans des technologies plus écologiques. Malgré ses limites, le MACC reste un outil précieux pour orienter les investissements écologiques et la finance verte vers une réduction efficace des émissions.

Vous aimerez aussi

Quels sont les systèmes d’échange de quotas carbone dans l’UE et dans le monde ?
February 3, 2026

Quels sont les systèmes d’échange de quotas carbone dans l’UE et dans le monde ?

L'article explore les systèmes d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre (SEQE), notamment le SEQE-UE et le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), soulignant leur efficacité dans la réduction des émissions et encourageant l'adoption mondiale de marchés du carbone, notamment via la taxe carbone et les quotas carbone. Ces systèmes, incluant des marchés comme le marché carbone européen et des initiatives comme le label ISR, visent à inciter financièrement les entreprises à adopter des pratiques plus durables et à investir dans le développement durable, impactant l'investissement responsable et les obligations vertes. De plus en plus de pays, y compris la Turquie et l'Indonésie, mettent en place des systèmes d'échange de quotas, reflétant un engagement croissant envers la neutralité carbone.

Marché Carbone

Les émissions du secteur de l’aviation : qu’est-ce qui est assujetti au marché carbone ?
February 3, 2026

Les émissions du secteur de l’aviation : qu’est-ce qui est assujetti au marché carbone ?

L'aviation est soumise au SEQE-UE depuis 2012, avec une extension possible en 2023 à tous les vols au départ de l'EEE et une suppression progressive des quotas gratuits. En 2023, le système a couvert 22% des émissions des vols européens, soit 164,5 mégatonnes de CO₂, et les compagnies aériennes ont dépensé 3 milliards d’euros en quotas carbone, malgré une augmentation des émissions du secteur due à la reprise post-pandémie. D'ici 2024, toutes les compagnies aériennes opérant en Europe devront se conformer au SEQE-UE pour les vols intra-européens et ceux en direction ou en provenance de la Suisse.

Carbon Market

De petits investissements rentables : conseils et stratégies gagnants
February 3, 2026

De petits investissements rentables : conseils et stratégies gagnants

Pas besoin de milliers d’euros pour commencer à investir. Avec 50 ou 100 € par mois, vous pouvez déjà construire un patrimoine pas à pas. Cet article vous montre comment : en combinant ETF, immobilier "papier", et actifs à impact comme les quotas carbone. Il vous donne les bases pour bien démarrer : distinguer épargne et investissement, investir régulièrement, choisir les bons supports (PEA, assurance-vie). Que vous soyez débutant ou que votre budget soit limité, ce guide vous aide à passer à l’action pour bâtir un patrimoine durable, accessible — et porteur de sens.

Diversification de Patrimoine

Vous aimerez aussi

No items found.