L’additionnalité est le principe central qui garantit que les réductions d’émissions d’un projet climatique sont nouvelles et n’auraient pas eu lieu en l’absence du projet. Elle est essentielle pour vérifier l’intégrité des crédits carbone, en s’assurant qu’ils représentent un bénéfice climatique réel et mesurable au-delà d’un scénario « business-as-usual ».
En finance climatique et sur les marchés du carbone, l’additionnalité correspond au test du « but for ». Elle vise à répondre à une question clé : « Sans les revenus issus de la vente de crédits carbone, cette activité de réduction d’émissions aurait-elle eu lieu ? » Si la réponse est non, le projet est considéré comme « additionnel ». Ce principe est le socle d’une compensation carbone crédible sur le Voluntary Carbon Market (VCM).
L’additionnalité est indispensable pour s’assurer que les investissements dans des projets climatiques génèrent un impact environnemental réel. Elle distingue les projets qui créent de nouvelles réductions d’émissions vérifiables de ceux qui auraient été mis en œuvre de toute façon du fait de réglementations, d’économies de coûts ou d’autres moteurs économiques. Pour les investisseurs à impact et les entreprises qui cherchent à compenser leurs émissions, l’additionnalité apporte l’assurance que leur capital finance une action climatique qui n’aurait pas eu lieu autrement, évitant ainsi des accusations de greenwashing.
La vérification de l’additionnalité est un processus rigoureux, généralement mené par des standards tiers tels que Verra ou Gold Standard. Elle repose le plus souvent sur plusieurs tests :
Ce concept est principalement associé aux crédits issus de projets sur le marché volontaire. Sur les marchés réglementés, comme l’EU Emissions Trading System (EU ETS), le principe fonctionne différemment. Le plafond global d’émissions du système est progressivement abaissé par les régulateurs, ce qui garantit que la rareté — et donc l’action climatique — est intégrée au dispositif lui-même.